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L’ASBL Les Amis du Grain de Sel a pour but de promouvoir l’utilisation de la cuisine comme outil thérapeutique et d’intégration des enfants, particulièrement de ceux dont le parcours personnel s’accompagne de souffrance psychologique et (ou) sociale. Du point de vue éthique, l’équipe des Amis du Grain de Sel a pour ligne maîtresse de son action : Le respect de la singularité de chaque individu et le nécessaire et indispensable apprentissage du « vivre ensemble », notamment par le partage du repas préparé, La promotion d’une alimentation saine, équilibrée et diversifiée accessible à tous. A travers une longue expérience passée dans une institution médico-pédagogique namuroise, nous avons constaté que les ateliers de cuisine avec des enfants présentant des comportements perturbateurs (instabilité relationnelle, impulsivité, grandes difficultés de concentration, crises de colère, mauvaise estime de soi,…) donnaient lieu à des repas joyeux,  Les enfants y étaient de bonne humeur, parlaient, racontaient, riaient ensemble et avec les adultes. Ils n’étaient pas pressés de quitter la table, demandaient d’inviter des copains et des adultes référents. Les repas se terminaient en fête, dans un grand apaisement collectif. Dans certains lieux où l’Asbl est active, les parents sont accueillis et participent à l’atelier. Dans ce contexte, notre action est très fructueuse : elle permet d’aborder l’alimentation familiale avec les mères, d’introduire une réflexion sur la qualité, l’équilibre et le prix de celle-ci et d’élaborer et de soutenir la mise en place de nouvelles habitudes alimentaires. Souvent, des liens se créent et se maintiennent entre ces familles socialement très isolées. A travers une longue expérience passée dans une institution médico-pédagogique namuroise, nous avons constaté que les ateliers de cuisine avec des enfants présentant des comportements perturbateurs (instabilité relationnelle, impulsivité, grandes difficultés de concentration, crises de colère, mauvaise estime de soi,…) donnaient lieu à des repas joyeux.  Les enfants y étaient de bonne humeur, racontaient, riaient ensemble et avec les adultes. Ils n’étaient pas pressés de quitter la table, demandaient d’inviter des copains et des adultes référents. Les repas se terminaient en fête, dans un grand apaisement collectif.   Ces observations nous ont amenés à nous interroger sur la fonction d’un tel atelier : ces scènes gourmandes sont, non seulement, un lieu et un moment de grand apaisement mais la préparation du repas, la cuisine proprement dite est, en outre, un moment d’éveil du désir d’apprendre. Apprendre à faire, apprendre à dire, apprendre à lire et à écrire. Ces enfants, pour qui les devoirs scolaires sont synonymes de peine quotidienne, se réjouissent de déchiffrer une recette. Cuisiner avec des enfants, c’est leur proposer un lieu de structuration de l’oralité, du langage et de la manipulation ; c’est les mettre dans un bain de paroles autour de la nourriture reçue et donnée. L’utilisation de recettes écrites induit chez les enfants l’envie d’apprendre à lire, déchiffrer, peser et s’intéressent ainsi à la lecture, à l’écriture et au calcul. En nommant les températures, les formes, les couleurs, les consistances, en soulignant les caractéristiques des différents aliments, les animateurs introduisent les enfants dans un discours qui prend sens pour eux : en effet, rien n’est plus diversifié que la nourriture, rien ne fait plus appel aux différents sens (goût, odorat, toucher, vue et ouie), rien n’est plus formateur de la rigueur et de l’imaginaire. Par la diversification sensorielle d’une nourriture variée, les enfants apprennent la diversité des mots, le plaisir et le déplaisir des goûts, le goût ou le dégoût des mots. L’atelier se déroule dans un espace-temps défini et dans un cadre de règles et de rites. Ils s’articulent autour de 3 scènes gourmandes : le marché (l’achat des aliments), la cuisine (la préparation des aliments) et la table (le partage des aliments préparés).